DE 1890 à nos jours
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DE 1890 à nos jours
 
LA PERIODE MODERNE
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1890 -
La Tour Eiffel a un an. La grande Exposition Universelle du centenaire de la Révolution Française vient d'avoir lieu. Bell, l'inventeur du téléphone, y a présenté son invention.
Cela fait 5 siècles et 5ans que le Dénombrement de Béarn, approximativement statistique, a eu lieu, qui recense 10 maisons Ranquetat ou Franquetat
Cela fait 50 ans que Pierre Casimir Ranquetat a quitté le Béarn pour l'Amérique de Sud. Ses petits-enfants parlent le portuguais.
Cela fait deux ans que Pierre Ranguedat a quitté Soumoulou pour Montevideo. Nous le retrouverons en 1892, à Buenos-Aires, où il est immatriculé comme "cocher". Il a 33 ans.
Ma grand-mère a 5 ans. Pierre Ranguedat,son père, mon bisaïeul, est installé à Pau comme cocher. Il aura 5 enfants, que nous avons identifiés sur la photo de 1910. Epoque à laquelle il vit déjà séparé de mon aïeule Marie Gougy. Après la Grande Guerre, son entreprise s'est developpée, mais le tramway arrive :

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DU CHEVAL A L'AUTOMOBILE

EN 1924, LES FIACRES DE "MOSSUR" RANGUEDAT
[Texte en béarnais de Roger Lapassade]

" La prumèra question qui'm pausèi, en arribant a Pau, qu'estó la de saber la vitèssa deu "Tramvay Urbain" qui lavetz carrejava la gent per las carrèras deu capdulh biarnés. E hasè vint, e hasè trenta quilomètres a l'òra ? La causa s'ameritava reflexion. Los mei atrevits que'u corrèn au darrèr, e que'u gahavan a la volada, com qui peta ! Que v'at juri !
[La première question que je me suis posée, en arrivant à Pau, était de savoir quelle était la vitesse du « Tramway Urbain » qui transportait la population à travers les rues de la capitale béarnaise. C’est vingt, c’est trente kilomètres à l’heure ? La chose méritait réflexion. Les plus hardis courraient derrière, et empoignaient à la volée, comme ils le pouvaient. Je vous jure !]
(...)
Lo Tram qu'èra lo Senhor ! Tot que plegava davant eth, los fiacres de Mossur Ranguedat, los camions ragòts e ventorruts de l'enterpresa Lalana e Cia, e dinc a las carriòlas militaras qui n'anavan au pas, com qui drom.
[Le Tram était le Seigneur ! Tout s’inclinait devant lui, les fiacres de Monsieur Ranguedat, les camions râblés et pansus de l’entreprise Lalanne et Cie, aussi bien que les voitures militaires qui avançaient au pas, comme il se devait.]"

R.Lapassada, Sonque un arríder amistós, ed. A Tots-Per Noste, 1975. Texte en béarnais sur : http://www.ac-toulouse.fr/occitan/ramostextes/retrait.html
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Roger Lapassade arrive à Pau en 1924, à l'âge de 12 ans, de son village béarnais de Aussevielle. Ce qui l'a frappé, en arrivant à la "capitale" : même les fiacres de Monsieur Ranguedat, devaient laisser passer le tramway.
Les fiacres de mon arrière grand-père maternel Pierre Ranguedat étaient au moins aussi connus à Pau que les camions de l'entreprise Lalanne. Les diligences de notre bisaïeul Pierre Ranguedat transportaient les curistes jusqu'aux Eaux-Bonnes, en vallée d'Ossau, ou même passaient le col d'Aubisque. Il utilisait des chevaux de courses en fin de carrière. Le plus fameux fut Cupidon, le vainqueur du premier grand prix de l'hippodrome de Pau.
Ses écuries étaient en haut de la Rue Marca, près de la place Verdun. Roger habitait aussi rue Marca. J'ai fait exactement le meme chemin que lui pour aller au lycée Saint-Cricq, 45 ans plus tard, mais le tram avait disparu.
Mon arrière grand-père était un homme riche. Il jouait au casino et avait des maîtresses, dit-on dans la famille. Sa famille est celle de la photo de la page d'accueil, photographiée sans lui. Il vivait séparément. Mais bientôt la voiture envahit les rues, et les fiacres durent aussi s'incliner devant elles. L'entreprise si florissante disparut. Il mourut en 1934, 10 ans après l'épisode raconté par Roger Lapassade. Son fils Henri ("l'oncle Henri", en haut à gauche sur la photo) créa les taxis de Pau au jantes jaunes, avec son frère. Le père de l'actuel sénateur-maire de Pau, André Labarrère, fut l'un des chauffeurs.

La famille Ranguedat a été marquée par le cheval.
Un cousin de "Mossur" Ranguedat, un autre Pierre Ranguedat, est devenu cocher à Buenos-Aires, en Argentine. Son fils Jean-Baptiste est enregistré, le 27/5/1896, sur le bateau "Portugal". Il a alors 16 ans. 2 ans plus tard, il est immatriculé à Buenos-Aires comme "employé au jockey-club".

L'Annuaire des Basses-Pyrénées de l'année 1845 identifiait déjà, dans la rubrique "Diligences, voituriers, voitures de remise, loueurs de chevaux":
"RANGUEDAT, service quotidien sur les Eaux-Bonnes et les Eaux-Chaudes dans la saison, et voitures pour toutes les routes.", du temps ou toute l'Europe venait à Pau et aux "eaux".
En 1845, reporte l'Annuaire, on comptait 6699 chevaux de selle et 842 chevaux de trait dans l'arrondissement de Pau.

Toujours le cheval... Ma grand-mère Jeanne, avait une passion pour les chevaux.
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LES STATISTIQUES DE 1890 A NOS JOURS

Les statistiques françaises vont nous aider à savoir combien sont et qui sont aujourd’hui les porteurs du nom historique de Ranquetat ou équivalent.
Les statistiques INSEE des naissances en France sont proposées par le site « notre famille ». Nous trouvons sur un siècle les 18 naissances :

- Période 1891-1915 : 5 RanGueTat et 2 RanGueDat en Béarn, 1 RanQueTat à Paris !
- Période 1916-1940 : 7 RanGueTat et 2 RanGueDat en Béarn.
- Période 1941-1965 : 1 RanGueTat en Béarn.
- Période 1966-1990 : 0…
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LE TELEPHONE

Inventé par Bell (En 1876, il dépose une demande de brevet pour son invention.), le téléphone arrive en France. En 1902,il y a exactement 100 ans, parmi les 120 000 abonnés français au téléphone, un(e) abonné(e) au nom de RanGueDat !
(Mais aucun Ranquetat ou Ranguetat)
L'annuaire l'identifie:
Nom : Ranguedat
Prénom: (?)
Profession :Rentière (!)"Hellen Cottage"
Adresse : 36, Avenue de Tarbes. Pau.

Qui était donc cette "rentière" ? Nos mères nées Ranguedat souviennent de la "cousine Marie" qui habitait cette villa anglaise, aujourd'hui à l'abandon. Elle était vieille fille, revenue de Paris où elle avait travaillé dans une maison de haute couture.

En France, dans l’annuaire téléphonique de l’an 2002, il subsiste 15 Ranguetat et 1 Rangueta (sans le « t »). 11 Ranguetat vivent en Béarn. Il n’y a ni Ranguedat, ni Ranquetat, ni Franquetat. De retour sur le site « notrefamille.com », aucune naissance au nom de Ranqueta sur le siècle ! Ce Ranqueta a dû passer la frontière espagnole... ou bien l'annuaire contient une faute d'orthographe...
Si les statistiques sont exactes :
- le plus jeune des survivants français a entre 37 ans et 61 ans !
- Les 2 RanGueDat de la période 1916-1940 ne peuvent être que les filles du grand-oncle Pierre, qui partit à Bordeaux.
- 3 des 11 RanGueTat de l’annuaire téléphonique ont plus de 86 ans. Ce qui en Béarn n’est pas exceptionnel !
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LE FUTUR

Il ne reste plus qu’à trouver les quelques chaînons manquants de nos arbres généalogiques, si j’ose dire !
Ceux qui font le lien entre l’année 1385 et aujourd'hui, plus de six cents ans pendant lesquels les Ranquetat ont eu le temps de bouger et même de modifier leur nom en Ranguedat, Ranguetat ou Ranquetan. Ce qui représente 20 à 25 générations.
Et ceux qui font le liens entre cousins des différents continents.

Mais il faut connaître le phénomène statistique qui doit malheureusement condamner le nom des derniers Ranguetat français à disparaître. Depuis la Révolution Française, le patronyme du père doit être transmis aux enfants. Autrement dit la règle traditionnelle de la transmission du nom de la maison doit s'effacer devant cette loi. Mathématiquement les noms rares, comme Ranguetat, doivent disparaître à terme, même si depuis peu une autre loi autorise les parents à choisir, pour leurs enfants, entre le patronyme du père et celui de la mère.
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Suite/Continuacion:
Les RANQUETAT et RANGUEDAT, familles béarnaises(2):
//ALpages1.monsite-orange.fr/

ALpages2
22/09/02